Cinema

« Rendez-vous », le nouveau festival du cinéma français – Corriere.it

De Paolo Cervone

Juliette Binoche mise en scène par Carrre ouvre la revue mercredi 30 mars. Des films militants de Laurent Cantet à Robert Gudiguian sont à l’affiche

Un cinéma militant, c’est ainsi que la France se présente au festival Rendez-vous. Des histoires aux couleurs fortes, pour les questions de société abordées aussi lorsqu’elles explorent les relations entre les individus. un cinéma qui cherche le combat au corps à corps ont expliqué le chef de projet Benot Blanchard et la directrice artistique Vanessa Tonnini.

A partir du mercredi 30 mars au Nuovo Sacher projections (plusieurs films sortiront en Italie) et rencontres avec Emmanuel Carrre, Laurent Cantet, Emmanuelle Devos et Sandrine Kiberlain, Arnaud Desplechin, Mikhal Hers, Antoine Barraud, Stéphane Briz, Claire Simon. Inaugure l’écrivain Emmanuel Carrre – à son troisième essai de réalisateur – avec Ouistreham – Entre deux mondes (mercredi, 19h45). La protagoniste Juliette Binoche, entourée d’un casting de non-professionnels. Tiré du roman d’investigation de Florence Aubenas (journaliste kidnappée pendant cinq mois en Irak) raconte les précaires des entreprises de nettoyage sur les ferries qui traversent la Manche. La France invisible du dernier : J’espère que ce film pourra avoir un impact, même minime, sur le plan social.

Le focus dédié à Sandrine Kiberlainl’une des actrices françaises les plus audacieuses qui est passée derrière la caméra pendant Une fille qui va bien (lundi 4 avril, 20h45) : Je n’ai pu le faire qu’en racontant l’histoire de ma famille. Dans la France occupée par les Allemands, la guerre à travers les yeux de sa grand-mère, une fille qui va bien et vit insouciante – montrer le bonheur est le meilleur moyen de dénoncer la violence – jusqu’à ce que les fantômes se matérialisent. Je voulais parler de l’antisémitisme, qui fait partie de mon histoire personnelle. Kiberlain a également joué dans deux films. Avec Vincent Lindon dans Un autre monde de Stéphane Briz (vendredi 1er avril, 18h30) sur la crise du capitalisme. Dans Violet de Martin Provost (lundi 4 avril, 17h30) joue Simone de Beauvoir qui incite Violette Leduc (Emmanuelle Devos) – la bâtarde, se disait-elle – à se consacrer à l’écriture, une poétique qualifiée de subversive.

Devos apparaît aux côtés de Denis Podalyds et La Seydoux aussi dans Canular d’Arnaud Desplechin, (samedi 2 avril, 21h) d’après le roman Canular de Philip Roth : un écrivain et sa maîtresse parlent de fidélité, d’infidélité, de femmes, de sexe, de littérature, d’antisémitisme, de mort. Le plus beau dialogue que j’ai lu entre un homme et une femme. Le film parle d’intimité, du moment où tout s’enflamme et où l’amour devient charnel, a expliqué le réalisateur. Toujours attentif au cinéma social, Laurent Cantet pour Arthur Rambo / Le blogueur maudit (vendredi 1er avril, 21h) s’inspire d’une histoire vraie : un jeune écrivain de banlieue réussit comme symbole de la France multiculturelle ; tout s’effondre lorsque ses vieux tweets antisémites, homophobes et misogynes surgissent. Miroir de la fracture qui traverse la société française, dans les banlieues les enfants et petits-enfants d’immigrés peinent à trouver une légitimité – observe-t-il – Ces jeunes portent en eux le statut de déserteur social.

Robert Gudiguian a également mis la lutte des classes au centre de son travail. Dans Twist Bamako (jeudi, 18h) loin de son Marseille, il raconte une histoire d’amour qui a pour toile de fond les jours de l’indépendance du Mali au début des années 1960. Ils cherchaient une voie originale pour le développement de l’Afrique et du socialisme, puis ce rêve s’est brisé. Parmi les protagonistes des autres films au programme : Françoise Fabian (88), Romain Duris, Carole Bouquet, Monica Bellucci, Charlotte Gainsbourg, Emmanuelle Bart.

27 mars 2022 (changement 27 mars 2022 | 08:11)

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