Musée

Comparaison des musées français et italiens sur l’innovation numérique

Dans le cadre magnifique du Palais Farnèse, siège de l’Ambassade de France en Italie, s’est tenue la conférence “Les solutions numériques au service de la gestion des musées : une confrontation constructive entre l’Italie et la France” organisée par Business France Italia, le service Agence Nationale de l’internationalisation de l’économie française, par ICOM France et par ICOM Italie. L’événement, divisé en deux tables rondes, a comparé les expériences française et italienne sur le thème de l’innovation technologique en cours dans les musées et les zones archéologiques des deux pays, dans différents domaines d’activité, tels que la création d’expositions, la numérisation de actifs, le marketing, la fidélisation des visiteurs, les visites à distance et l’utilisation des données ouvertes.

La réalité française

La première table de travail, animée par Juliette Raoul Duvalprésident d’ICOM France, vu comme protagoniste, Bruno Girveaudirecteur du Palais des Beaux-Arts de Lille e Victor-Jacqueséconomiste de la culture et directeur du développement du MUCEM – Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille. Girveau a parlé de “EXPERIENCE GOYA” une exposition de 80 œuvres originales qui offrait aux visiteurs une expérience immersive, esthétique et sensorielle faite de vidéos, de paysages sonores, d’expériences tactiles installées dans la maison de Francesco Goya fidèlement reproduit. L’exposition, qui s’est achevée le 14 février dernier, a dévoilé deux oeuvres du maître espagnol, “Le jeune” (1814-1819) et “Le vieux” (1810-1812) grâce à une installation inspirée de la pensée de Umberto Éco du musée consacré à ”une œuvre unique” où un parcours progressif conduit le visiteur à s’immerger dans l’époque à laquelle il a été créé.

Système d’abonnement MUCEM, Marseille

À notre avis, le deuxième discours de Jacques a été le plus intéressant de la journée, car il a illustré une proposition d’abonnement au musée très innovante et flexible. Le système s’inspire de celui adopté par le Musée des beaux-arts de Montréal au Canada, une adhésion annuelle de 88 000 membres, représentant 70 % des visiteurs payants, 50 % des acheteurs en librairie et 98 % des donateurs individuels. A partir de ce modèle, le MUCEM a étudié son propre marché composé de 1,2 million de visiteurs par an (77% résident en France, 34% dans les Bouches-du-Rhône, 23% étrangers) et les données de consommation en ligne du marché français, où 95% des internautes, âgés de 16 à 64 ans, ont leur propre smartphone, 50% font un achat en ligne chaque semaine, ont en moyenne 2,4 abonnements (Digital Report 2022), le secteur culturel est le deuxième pour les ventes internet et 80% des achats sont effectués par carte bancaire (Etude FEVAD 2021). Le résultat a été un système intégré de billetterie et d’abonnement entièrement dématérialisé disponible sur le smartphone qui permet au propriétaire d’entrer et de sortir du musée à volonté. L’abonnement est mensuel, segmenté en trois tranches tarifaires, 3 euros pour le visiteur unique, 5 euros pour ceux accompagnés d’une autre personne et 10 euros pour ceux qui accompagnent jusqu’à trois personnes. Le système permet des micro dons, par exemple pour payer 1 euro de plus, pour soutenir les activités du musée et peut être annulé à tout moment. Une adhésion semblable à une salle de sport qui permet au musée de connaître les habitudes de ses visiteurs et de les fidéliser.

Entre la première et la deuxième table, les entreprises culturelles françaises présentes et parrainées par Business France Italia ont présenté leurs solutions au marché italien. A noter Arenametrix une plateforme de CRM et de marketing muséal, Gigascope, la fabrique d’images haute définition et immersives reproduites en 3D, ASK Mona, l’intelligence artificielle au service de l’art, UP Culture le chemin avec QR code pour les amoureux et l’ostéophonie mobile stations de Losonnate où les vibrations sonores traversent le corps en partant des coudes, le long des bras et des mains jusqu’aux oreilles du visiteur.

Triomphe de Bacchus et Ariane, Annibale Carracci, fresques de la Galleria Farnese

Musées italiens

La conférence s’est conclue par la deuxième table ronde de l’après-midi animée par Adèle Maresca Compagnaprésident d’ICOM Italie, auquel ils ont participé Flaminia Gennari Santoridirecteur des Galeries nationales d’art ancien de Rome qui a illustré le projet WeACT3, basé sur l’adoption de solutions technologiques innovantes mises à disposition de manière intégrée par un groupe de 12 partenaires (Associazione Civita, Avvenia, Consorzio Glossa, DM Cultura, Enea , Ericsson , DAB Group, Logotel, Mastercard, Oracle, Vodafone et Wind Tre) en faveur de la valorisation des Galeries. Un projet partiellement réalisé grâce au système des concessions muséales, qui, comme l’explique le directeur, “a rendu difficile la mise en place complète du système de billetterie”. La réunion s’est poursuivie par une visite virtuelle du Laboratoire du Musée de l’Esprit à Rome, puis avec Laura RonzonDirecteur des collections du Musée national des sciences et de la technologie Leonardo Da Vinci à Milan qui a parlé du système de données ouvertes et des contenus muséaux créés directement par les utilisateurs. Alphonsine Russodirecteur du Parc archéologique du Colisée a raconté l’itinéraire multimédia qui traverse le Forum romain et le Palatin, enrichi de projections vidéo, de lightmapping, de voix narratives et de l’exposition “Raphaël et la Domus Aurea” installée dans la salle octogonale jusqu’au 3 avril prochain.

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