Livres

Aurelio Picca contre Pinocchio mais pas vraiment – Livres – Un livre par jour

(par Paolo Petroni) (ANSA) – ROME, 29 MARS – AURELIO PICCA, ” CONTRE PINOCCHIO ” (EINAUDI, p. 144 – 15,00 €). Avant même qu’il ne sorte, à partir du titre, ce livre était pris comme prétexte pour argumenter contre Pinocchio, et ici Picca est presque seul, ou pour, et il y a donc une bibliographie interminable, de Croce à Manganelli, des théologiens à psychanalystes, pour démontrer qu’évidemment la discussion est différente. Picca parle en fait de Pinocchio pour parler de lui et de son enfance comme un véritable écrivain peut la transfigurer, qui se sent plus proche des ”Ragazzi della Via Pal” de Ferenc Molnar que de notre marionnette. Et quiconque connaît ses livres, le dernier et le plus révélateur ”Le plus grand criminel de Rome était mon ami”, comprend et ne s’étonne pas.

Au-delà du titre effectif, le sien ne doit pas être pris comme une évaluation critique, mais comme une sorte de mêlée avec un corps qui lui est substantiellement étranger, devenu en quelque sorte sauvage, jouant, travaillant, se mesurant à l’agressivité des autres, et aujourd’hui en y réfléchissant il écrit : ” mon existence n’a été qu’intérieure, même si j’ai été jeté au milieu d’une route, avec un fil lié à une enfance innocente et très vitale ”. Et, substantiellement, à l’Aurelietto de l’époque, qui voyait les morts allongés sur le lit, de beau-père à grand-père, ”la mort ne lui a pas été volée, comme il est de coutume maintenant”. Et en effet, aujourd’hui plus on grandit, plus on le déguise et on le cache. Quelque chose que tout lecteur de Picca sait qu’il n’appartient pas à l’écrivain (et à l’homme), à ​​sa physicalité, à son écriture plus que corsée, capable de devenir un corps, de construire la physicalité du narré pour dire ce cela implique et combien d’humain y est inhérent.

Puis Ernesto Nemecsek avec les garçons de son gang qui se battent pour leurs droits dans les rues de Budapest qui finiront submergés par leurs idéaux purs, apparaît de plus en plus proche de Picca, qui a lu ce livre en tant que garçon, tandis que Pinocchio l’a affronté pour la première fois. temps seulement aujourd’hui et d’un œil méfiant. Sinon peut-être, ce combat de Pinocchio qui passe par toutes les couleurs, se défendant par le mensonge avant d’être contraint de grandir, comme il arrive dans tous les contes initiatiques, peut-être l’aurait-il ressenti d’une autre manière. Il l’aurait vécu comme Cramelo Bene, qui le mentionne d’ailleurs et qui depuis 1981 l’a porté plusieurs fois sur scène, le voyant comme la résistance à grandir, celle de tout véritable artiste, omnipotent dans son impossibilité de devenir adulte et dont il parlait elle, même en pensant à lui-même, comme à un ” enterrement prématuré d’un corps infantile qui se jette dans son propre cercueil ”. Ce n’est pas un hasard si lui et Picca ont davantage aimé le premier brouillon de Pinocchio, le noir qui se termine par sa mort pendu, que Collodi a ensuite été contraint de suivre en raison des protestations des lecteurs.

Picca soutient plutôt que la plus grande douleur pour un enfant n’est pas d’être grand. Son enfance est donc une croissance continue, le combat d’une vie contre la conscience de la mort, un combat toujours, même si parfois vain, si l’on veut ”retrouver sa patrie” comme le font les garçons de Molnar.

L’écrivain ne manque alors jamais l’occasion de dire quoi et comment l’éducation et l’école en particulier doivent fonctionner, entre théorie et beaucoup de pratique, beaucoup de travail et la vraie vie. Et ce sont aussi les raisons pour lesquelles il aime le livre ”Coeur” avec ses sentiments élevés au sein d’une société où l’école et les professeurs sont une valeur, avec des pauvres et des riches, avec de vrais boulots et une famille. Aux personnages et aux histoires de De Amicis, toujours en lien avec l’expérience d’Aureliuccio, il dédie ainsi la deuxième partie du livre, intitulée ”La jeune patrie”. Le livre lui a été offert pour sa première communion et il l’a aussi entendu lire par son maître dans les années où ”nous étions en Eden”, puis tu grandis : ”grandir c’est se perdre dans le monde… c’est bien d’être blessé, d’être blessé ” ou ” bien mieux que d’être un morceau de bois tombé du Paradis terrestre avec Adam et Eve, mais qui a fini en Enfer ”. La troisième partie, la dernière intitulée ”La vision”, concerne donc les ”Garçons de la Via Pal”, qui vivent dans la rue, libres et seuls, comme s’ils n’avaient pas de pères et de mères, ”prêts se battre pour un rêve ” et que même aujourd’hui sa lecture dit que ça l’a ému. (POIGNÉE).

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