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Le nombre d’œuvres d’art et les hypothèses de l’après-pandémie : le rapport AWI

Née pendant les phases les plus difficiles de la pandémie, AWI – Art Workers Italia est la première association autonome et non partisane qui donne la parole à ceux qui travaillent dans l’art contemporain en Italie. C’est un groupe de travailleurs de l’art qui voit de belles collaborations avec des experts des secteurs juridique, fiscal et administratif, des organismes de recherche et des universités, des institutions artistiques et culturelles. Sa voix a fait écho et, fin mars, en collaboration avec le Département de droit / Faculté de droit de l’Université de Milan Bicocca, a présenté les premiers résultats d’une enquête sectorielle consacrée au travail dans le domaine de l’art contemporain en Italie, qui a conduit à l’élaboration d’un guide des rémunérations minimales et des modèles de contrats.

Ils ont participé aux différentes tables, en présence et en mode télématique Lucrèce Calabrò Visconti (À LA), Elena Mazzi (À LA), Rebecca Moccia (AWI), Prof. Avv. Alessandra DonatiComptable Agréé Franco Brocardi, Cristina Masturzo (À LA), Sara d’Alessandro (À LA), Giulia Mengozzi (AWI), ainsi que des directeurs de musées, galeries et institutions ainsi que divers gestionnaires : Laurent Balbi (BUT), Francesco Pédrini (Académie de Carrare, Bergame), Lucie Zanetta (Observatoire culturel du Piémont – Fondation Fitzcarraldo), Pierre Vallone (Galerie Massimo De Carlo), Silvia Simoncelli (NABA, Nouvelle Académie des Beaux-Arts).

Le dernier tableau, décisif, a vu une comparaison directe des demandes posées lors des réunions précédentes avec les limites législatives réelles mais, surtout, il a posé les bases d’une demande d’action par le politique, dans le respect de la reconnaissance et de la durabilité du travail dans l’art. Parmi les noms, Marta Bianchi (À LA), Annalisa Pellino (À LA), Éléonore Quadri (À LA), Annamaria Ravagnan (ICOM Italie), Question Anna (ACTA), Raffaele Erba (Conseiller Régional de la Région Lombardie – Commission Culture), Elisabetta Piccolotti (Responsable national de la culture de gauche italienne), Marina Pugliese (Directeur du Musée Régional des Cultures, Projets Interculturels et Art dans l’Espace Public, Municipalité de Milan), Roberto Rampi (Membre de la 7e Commission permanente du Sénat – Éducation publique, Patrimoine culturel).

De l’enquête sectorielle réalisée en 2021 par AWI et anticipée, comme le soulignent Laurent Balbidu vade-mecum réalisé par l’AMACI, des données déconcertantes ressortent : près de la moitié de ceux qui ont répondu déclarent un revenu annuel inférieur à 10 000 euros, donc sous le seuil de pauvreté de 10 299 euros selon l’ISTAT (comme nous l’avions d’ailleurs mis en évidence également dans notre enquête ). « Environ 36 % des répondants déclarent qu’ils ne sont payés que pour moins de la moitié de leur travail, voire pas du tout. De plus, contribue à ce scénario d’extrême fragilité le fait que les professionnels de l’art contemporain sont mal protégés et représentés, faute d’un syndicat spécifique ». Le degré de professionnalisation ne correspond en rien à ces chiffres puisqu’un pourcentage très élevé, 85,9% de ceux qui travaillent dans le domaine de l’art en Italie, ont un master ou un niveau d’études supérieur, dans 27,8% des cas obtenu à l’étranger.

Tous les contrats, lorsqu’ils existent et si l’on peut les appeler contrats, entre numéro de TVA intracommunautaire et collaboration occasionnelle, ne garantissent pas une relation de travail stable et quasiment aucune protection. Le dialogue qui a impliqué les représentants du monde politique vise donc des actions concrètes qui permettent non seulement de mettre en évidence les limites du système législatif national mais aussi offrent de sérieuses opportunités de développement dans le secteur. À cette fin, le guide des salaires minimums est absolument utile, en particulier dans la section qui comprend un tableau avec les salaires minimums recommandés, une liste de contrôle des meilleures pratiques et un glossaire de mots-clés.

Entre autres indications, le besoin se fait sentir d’une série de prix pour ceux qui s’occupent d’art en Italie, par exemple, au moins pour ce qui concerne un musée public, comme le rapporte Balbi, l’attribution d’une redevance (le minimum est de 1500 euros) pour l’artiste, que certains galeristes déclarent “infondé”, ou plutôt, inexistant, à l’étranger où les ressources économiques ne manquent pas pour des expositions personnelles. Il est clair que les chiffres et cahiers des charges mis en place ne peuvent être qu’indicatifs et que, dans bien des cas, il convient de faire la juste distinction entre projets, musées et artistes. Mais il va sans dire que c’est le début d’un changement de cap qui ne peut plus se prolonger.

Pierre Vallone rapporte quelques questions importantes, notamment sur la difficulté à trouver des fonds et sur les chiffres négligeables qui sont proposés pour un engagement, par exemple, pour conserver ou gérer un espace muséal. Le fait est que si les chiffres restent si bas, cela signifie que la plupart des professionnels n’ont pas d’urgence ou n’ont pas besoin de revenus et cela, le plus souvent, disqualifie le travail lui-même et les compétences nécessaires.

Du point de vue des artistes plus jeunes, qui fréquentent encore les académies privées ou publiques, elle est intervenue Silvia Simoncelliqui a souligné l’importance de certaines mesures de l’AFAM, telles que l’activation de l’outil de doctorat de recherche (jusqu’à présent uniquement dans les matières relatives à la restauration) également dans les académies et pas seulement dans les universités, ainsi que l’inclusion de deux matières, ABLE 69 et ABLE 70, c’est-à-dire Marketing et gestion et Économie et marché de l’art, compétences que les jeunes artistes et artistes ne mûrissent généralement pas dans leur formation.

Lucie Zanettade l’Observatoire culturel du Piémont – Fondation Fitzcarraldo, a mis en évidence ce qui a émergé au cours de la première période de la pandémie, lorsque, entre incertitude et confusion, nous avons assisté à une sorte de compétition de chiffres entre les différents secteurs de la culture, comme le divertissement et le cinéma. Il est vrai que les soi-disant «rafraîchissements» n’ont absolument pas concerné les travailleurs de l’art «visuel» et, en particulier, ceux qui travaillent dans le domaine de l’art contemporain, contribuant au développement d’un malaise et d’un mécontentement dans tout le secteur artistique, avec un relatif abandon de la profession pour environ la moitié des experts3. D’autre part, les difficultés ont également favorisé la naissance de certaines associations comme l’AWI mais aussi d’autres corps intermédiaires, qui agissent enfin en faveur de l’ensemble du secteur de l’art et de la culture.

Il sera intéressant de comprendre ce qui va se passer à partir de maintenant. La pandémie a-t-elle appris la valeur « professionnelle » de l’art, de ce travail toujours maltraité, aussi d’un point de vue contractuel, économique et législatif ?

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