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« Plus d’art inclusif, on ouvrira aussi les dépôts » – Chronique

Dans les couloirs du Mmab, Lorenza Camin sait déjà bouger. “J’essaie de m’approprier chaque exposition.” Et à Montelupo, la nouvelle directrice scientifique du système muséal, elle semble déjà chez elle. La mission conférée par la Fondation du Musée de Montelupo durera 4 ans, le règlement a eu lieu il y a seulement quelques jours. Métier : archéologue.

Comment est née cette passion ? “Je suis timide, émotive, mais déterminée. J’avais 10 ans et mes parents m’ont emmené aux fouilles de Paestum et de Pompéi. J’ai demandé à ma mère s’il y avait autrefois des enfants dans ces villes, comment ils avaient vécu. Elle m’a répondu que seuls les archéologues pouvaient le savoir. Là, l’étincelle a jailli. Je ne cesserai de remercier ceux qui m’ont éduqué à la beauté et à l’histoire de l’art”.

Le rêve est alors devenu un objectif…

“Quand tu décides d’emprunter cette voie, tout le monde te décourage. Mais je n’ai jamais réussi à faire de l’archéologie un simple passe-temps.”

Votre monde est-il fait pour les femmes ?

“L’archéologie, c’est une femme. Le pourcentage dans les fouilles est de 80% de femmes. Même si ce sont les hommes qui prennent la présidence. Nous avons un sens pratique fort et la volonté d’aller au fond des choses”.

La découverte qui vous a le plus enthousiasmé ?

“Rome, les Forums Impériaux. Y creuser pour moi, diplômé en archéologie romaine, c’était ce qu’il y avait de mieux. Apporter des vies, des histoires de gens, un passé qui vous appartient encore, c’est incroyable”.

Comment avez-vous trouvé le système muséal de Montelupo ?

“Il repose sur un territoire très riche, qui a une grande histoire : la partie étrusque, la partie romaine. En ces jours d’acclimatation je me sens comme un enfant en extase. Il y a dialogue entre les places, entre les musées, entre les fours et les fouilles. J’ai trouvé beaucoup de curiosité pour le thème culturel ».

De quoi tirer parti pour la relance ? “Je voudrais mettre l’accent sur l’accessibilité, sur l’inclusion. Il n’y a pas de barrières architecturales dans nos musées. Les salles sont grandes, les espaces grands, il y a des ascenseurs. Certaines pièces ont aussi des légendes en braille. Étant ambassadeur de Dynamo Camp, le social je le ressens beaucoup et j’aimerais qu’on s’ouvre encore plus aux enfants avec des troubles spécifiques des apprentissages, avec des problèmes neurologiques. Le musée pour eux ne doit pas être un lieu difficile, mais un lieu inclusif ».

La première action que vous poserez en tant que directeur scientifique ?

“Les gisements sont une ressource. Je voudrais les ouvrir au public, les rendre visitables”.

Musées et pandémie : le virus a-t-il emporté la soif de culture ? “L’appétit culturel est là mais il faut l’aiguiser en permanence, notamment chez les jeunes générations. Il y a des ferments, le désir de s’ouvrir à de nouvelles expériences. Les lieux de culture ont souffert, mais c’est le moment de la revanche”.

D’où l’idée de passer sur les réseaux sociaux avec deux influenceurs…

“Qui peut parler aux jeunes sinon aux jeunes eux-mêmes ? Le musée va débarquer sur Tik Tok… et on en verra des bons”.

Uffizi diffusi : comment entrer dans ce jeu ?

“Je cherche une œuvre des Offices à amener ici, interceptant ce visiteur cible de la grande ville. Nous sommes sur le circuit Mudev, mais déjà promouvoir certains packages liés aux Offices ne ferait pas de mal”.

Ylenia Cecchetti

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