Cinema

20ième siècle. La plus belle des inventions, poursuit la maxi-revue au cinéma La Compagnia de Florence

mercredi 13 avril 2022 – Se concentrer

Au Cinéma La Compagnia di Firenze continue la maxi-revue XX siècle – La plus belle inventionpromu par CSC – National Film Archive avec le soutien du ministère de la Culture. Une très riche sélection de films chefs-d’œuvre qui reviennent sur grand écran, en plusieurs fois, jusqu’à l’été. Il y a quatre artistes protagonistes des prochaines expositions programmées. On les voit ci-dessous en quatre focus qui approfondissent les personnages en citant les titres qui seront présents dans les revues.

JEAN-PIERRE MELVILLE (à partir du samedi 16 avril)
Jean-Pierre Grumbach, né en Alsace dans une famille juive, a immédiatement montré un caractère particulier. Il était imprévisible, grincheux et curieux. Il est légitime de dire que la curiosité est le parfait mantra de Jean-Pierre, devenu plus tard Melville en raison de sa passion pour le Melville américain, celui de “Moby Dick”. Oui, l’avenir réalisateur, curieux, a exploré tous les genres. Il est donc bien né, en possession des moyens de financer ses idées. Et c’est ainsi qu’il lui a fallu produire le premier film, Le silence de la merce qui prend une certaine importance, car certains critiques le considèrent comme l’un des précurseurs de la Nouvelle Vague. Le nouveau directeur s’est rendu compte que ce genre de culture aristocratique et littéraire n’était pas pour lui. Jean Pierre aspirait à un autre genre de succès. Il s’intéressait au box-office. Alors il a regardé le cinéma américain, celui d’action. Il l’a étudié et l’a mis à profit l’adapter au code français du roman policier ce qui était important, à bien des égards original. Il ne s’agissait pas seulement de vols, de fusillades et de poursuites en voiture, mais de l’attention portée aux relations internes de la pègre, telles que la solitude, l’amitié et le respect de certains codes d’honneur.
Un titre exemplaire en ce sens est L’espion (1962). L’histoire est jouée par un gangster et un imbécile qui, peut-être, jouent un double jeu. Voici Belmondo et Piccoli. Le gangster croit être trahi par son complice, mais dans le mal il ne se trahit pas. Quand la vérité éclate, il est trop tard.
Pour son histoire de la pègre française, Melville a engagé les personnages les plus en vue. Alain Delon et Jean Paul Belmondo, Yves Montand et Lino Ventura, parfaits méchants du genre. Et puis sombre comme Simone Signoret et Catherine Deneuve. Le box-office était donc assuré. Mais la qualité aussi. Delon était son (anti) héros préféré. Alain est parfait dans Visage d’ange de Frank Costelloil a trente-trois ans, il est dans la fleur de l’âge. Long manteau noir, borsalino, crée un modèle pris et repris. Il joue le rôle d’un tueur impitoyable, qui ne parle jamais et qui, incroyablement pour Delon, est trahi par une femme. Non plus je suis sans nom (1970) Alain organise le braquage d’un bijoutier parisien. Son associé est Yves Montand. Là aussi, trahi, non par une femme, Delon est tué par la police. Une douleur pour les spectateurs.
Cette même année, Melville change de registre. Non plus mauvais mais résistance. Le film est L’armée des héroshistoire de résistants français. Le patron, (Lino Ventura) capturé par les Allemands, est sauvé par une femme qui, ensuite, soumise au chantage des collaborateurs, va le trahir.
Delon est toujours avec Melville en 1973 à Nuit sur la ville. C’est un commissaire, fatigué et désabusé, qui agit contre un gang commandé par un chef qui sait lui tenir tête. Mais en plus, les deux sont amoureux de la même femme, compréhensible, étant la Deneuve. Pas une petite complication.

BILLY WILDER (à partir du lundi 18 avril)
S’ils vous demandent, et cela m’est souvent arrivé, qui sont les plus grands réalisateurs de tout le cinéma, et le nom doit être sur les doigts d’une main, Billy Wilder est là.
Ère parfait pour devenir un géant. Il faisait partie de ce groupe de génies qui avaient fui l’Allemagne après l’avènement d’Hitler en 1933. C’étaient des artistes issus de la magnifique école de Weimar qui avait réinventé le cinéma, le théâtre, l’architecture et les arts visuels. Ils sont arrivés en Californie aussi bien accueillis que les Américains savent accueillir des invités quand ils pensent pouvoir apprendre d’eux. Et si bien que la noble culture allemande, appliquée à la vocation du spectacle de qualité hollywoodien, a concentré une alchimie « nucléaire », qui a produit de nombreux chefs-d’œuvre et certains le sont absolument. Certains de ces transfuges : Preminger, Siodmak, Lang, Lubitsch. Et Billy Wilder (1906-2002). Il est né à Sucha Beskidzka, Autriche Hongrie, aujourd’hui Pologne. Il étudie sans grand profit le droit à Berlin, fait un passage en France puis débarque à Hollywood qu’il aura dominé pendant de longues années. Wilder possédait une vocation complète, exprimée au plus haut niveau. Il savait être bande dessinée irrésistible, avec des personnages différents, légers ou abrasifs. Il a connu le drame amer et caustique, il a surtout su concilier comédie et drame dans un mélange aigre-doux qui n’est que le sien.
J’ai dit “absolu”. Trois des titres qui font partie de la revue présentent cette qualité. Wilder s’est avéré être un inventeur alarmant lorsqu’il Allée du coucher du soleil (1950) fait parler un mort (William Holden) qui raconte en flash back l’histoire tragique de son meurtre.
Surtout met à nu le syndrome de l’usine à rêves qu’était autrefois le cinéma américain. Hollywood a été dit de toutes les manières. Mais Wilder reste le premier inventeur. L’année suivante voici un autre grand titre : L’as dans le trou. Un coup de poing dans la mâchoire du rêve américain. Un homme dans une grotte pourrait être sauvé, mais un journaliste (Kirk Douglas) joue avec sa vie en faisant glisser l’intervention décisive pour construire un événement médiatique. Toujours dans ce thème, répété à plusieurs reprises, Wilder était le principal moteur. La caste médiatique a réagi en essayant de boycotter le film. Mais… ça n’a pas aidé.
Et puis le Monroe. Marilyn doit beaucoup à Wilder. Si vous pensez à elle et à “ses” titres, la mémoire évoque immédiatement Certains l’aiment chaud (1959) le film le plus drôle de l’histoire du cinéma. Marilyn n’a jamais été aussi sexy. Comment l’oublier alors qu’elle tente de soigner l’impuissance feinte de Tony Curtis. Et puis Curtis et Lemmon dans des vêtements pour femmes, impliqués dans des gags qui… juste Wilder. Et cette punchline de la pauvre Lennon-Joséphine qui se défend des avances du vieux milliardaire : “Personne n’est parfait !”.
Avec L’appartement (1960) Wilder a remporté les deux Oscars les plus importants : film et réalisation. Pourtant, c’est une histoire tout à fait normale entre un employé et un ouvrier d’ascenseur. Mais si Wilder signe, “normal” est dépassé. Dans chaque séquence, il y a quelque chose de plus. La touche particulière, inaliénable du grand artiste.
Le devis s’applique également Le fruit interditle premier film réalisé par Wilder en 1942.
Au casting, ce qui était alors la reine d’Hollywood, Ginger Rogers, qui se déguise en enfant pour affronter des situations grotesques.

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HOWARD HAWKS (à partir du lundi 2 mai)
Howard Hawks (1896-1977) appartient à cette catégorie de réalisateurs que l’on peut appeler “auteurs”. Ce sont ceux qui, en plus de raconter une histoire, l’enrichissent de créativité et de personnalité. Quelques noms : Ford, Kazan, Huston, Welles, Kubrick, restant dans l’âge d’or du cinéma. Ce n’est pas un abus de langage de dire que si vous faites référence à “une vie comme Steve McQueen”, ce modèle Vasco est à la traîne.
Après des études normales à Pasadena et New York, en 1917 après l’obtention du brevet, Hawks s’est enrôlé comme pilote et s’est retrouvé à combattre dans le ciel de France pendant la Première Guerre mondiale. L’aviation est sa patrie et sa passion. Il est champion et bat plusieurs records de vitesse. Il est désormais un personnage et ne peut manquer d’attirer l’attention du cinéma. Primordial. L’expérience du pilotage lui permet de diriger, en 1930 L’escadron de l’aubeun film qui représente parfaitement une bataille aérienne.
Et donc Howard s’est avéré être un pilote et réalisateur. C’est le début d’une carrière extraordinaire. À partir de ce moment, Hawks explorera tous les genres en laissant des signes indéniables et reconnaissables de son style de réalisateur. Il sera un enseignant complet. En 1932 il s’engage dans le film de gangsters qui est en train de naître et réalise Scarfaceconsidéré comme le titre exemplaire du genre. Le protagoniste est Paul Muni, que Hawks joue avec une méthode qui anticipe l’Actors Studio. En 1940, s’inspirant de la comédie “Prima pagina” de Ben Hetch La dame du vendredi.
Une journaliste (Rosalind Russell) épouse du rédacteur en chef (Cary Grant) décide de quitter son mari. Mais le réalisateur ne peut pas perdre sa femme et sa collaboratrice d’un seul coup. Fin heureuse. Encore une fois la comédie, et encore une fois Grant avec pour La magnifique blague (1952). Un scientifique est persuadé d’avoir découvert un élixir de vie. Le test a été effectué sur un chimpanzé qui mélange des tubes à essai et jette le contenu dans le réservoir d’eau. Le scientifique, après avoir bu, se transforme en un garçon trop vif. Le casting mettait en vedette une jeune fille de 25 ans qui se démarquerait, Marilyn Monroe.
Hawks reprendrait l’actrice l’année suivante dans Les hommes préfèrent les blondes. Et c’est là que Monroe est devenue “Marilyn”. À côté d’elle, Jane Russell, choisie comme protagoniste. Mais Monroe a emporté l’espace. Il suffit de la regarder, inoubliable quand elle chante le rapace Bye Bye Baby.
Enfin le western. Dont Hawks se dispute l’Oscar idéal à John Ford. Les classements par sexe posent Le fleuve rouge (1948) et Le grand ciel (1952) aux plus hautes places. Mais peut-être même plus haut au sommet Un dollar d’honneur. Je pense que c’est dans la mémoire de tout le monde, même les générations qui ont oublié le western. Proposé en continu sur le petit écran continue de partager. Moments mythiques : la soi-disant « amitié virile » entre Wayne et Martin. John Wayne résiste maladroitement aux démarches amoureuses d’Angie Dickinson. La musique de Dimitri Tiomkin prophète des colonnes de l’ouest. L’inoubliable My Rifle My Pony and Me chanté par Dean Martin et Ricky Nelson. Et puis l’inévitable code héroïque et méritoire où le shérif prend toujours le dessus sur le bandit.

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