Art

Elle a vécu d’art et d’amour : l’histoire de Letizia Battaglia, la femme qui a poursuivi la vie

Letizia Battaglia a poursuivi la vie, elle qui a photographié la mort dans les rues de Palerme. Elle a choisi la liberté, quittant bientôt sa famille pour épouser une petite fille ou un peu plus, elle s’est séparée, elle a aimé, elle s’est inventé un métier, celui de photographe, qui n’était pas dans ses projets, et elle l’a vécu intensément. Jusqu’au dernier jour. Avec sa tignasse, tantôt bleue, tantôt verte, la “pasionaria” de Palerme avait commencé à réinventer sa marque de fabrique de photographe : elle, marquée à vie comme la photojournaliste des années de plomb, dépeint des jeunes femmes, sinon des filles, les élisant comme symbole de vie et de naissance. C’était sa façon d’exorciser le cauchemar de ces appels soudains du de Temps pour échapper au meurtre du jour.

Amour, horreurs et printemps : la vie de Letizia Battaglia

par Eleonora Lombardo



L’éternelle fille aux cheveux roux, ou orange, ou bleus l’a dit à maintes reprises, ces années ont été une blessure qu’elle a emportée avec elle tout au long de sa vie. Mais c’est une blessure qui lui a valu la renommée et la gloire : il suffit de fermer les yeux et de revoir ces puissantes images du passé en noir et blanc qui racontaient la vie et la mort : comme celle de la patronne Leoluca Bagarella qui grince des dents de colère, icône de la cruauté des “Corleonesi”. Letizia a dit que devant un homme menotté, elle voulait être en quelque sorte égale, s’exposer, et donc ce jour-là, devant le tueur menotté, elle s’est accroupie pour se concentrer et a reçu un coup de pied de ce monsieur.

Letizia Battaglia a photographié Marco Bellocchio au festival Salina

Letizia Battaglia a photographié Marco Bellocchio au festival Salina

(manipuler)

Et si la fille au ballon est devenue sa photo emblématique, comme la fille afghane de McCurry, il y a un vide dans ses archives, datées de 1992 : Letizia a refusé de photographier Capaci et via D’Amelio. Trop de douleur, trop d’implication émotionnelle. Alors, arrêtez les filles, continuez votre vie.

Letizia Battaglia : “Ma vie au cinéma peut aider les filles”

par Eugenia Nicolosi



Partisan, c’est le bon terme, du maire Orlando, partisan de la première heure du jeune chrétien-démocrate élu au Palazzo delle Aquile, a toujours dit que l’une de ses plus belles expériences était celle de conseiller pour Green, alors qu’il pouvait être utile pour la ville. Et lorsqu’elle est élue à l’Assemblée régionale avec le Réseau, confrontée à un salaire exorbitant pour ses habitudes, elle parvient à inventer une maison d’édition, Le Edizioni della Battaglia, qui publie entre autres Michele Perriera et Roberto Alajmo.

Le rêve qu’il réalise est celui du Centre international de la photographie, aux Cantieri della Zisa, lieu où il consacre ses dernières énergies de « pasionaria », mettant en place, entre autres, une exposition de Koundelka et se faisant offrir par ses collègues photographes de nombreuses images de sa bien-aimée Palerme. Elle a même fait l’actrice, dans le rôle d’elle-même, dans le film de Franco Maresco “La mafia n’est plus ce qu’elle était”, pour contrer la profonde désillusion de la réalisatrice avec son optimisme obstiné et son amour pour la ville.

Palerme revient aux années 50 pour la série sur Letizia Battaglia

par Tullio Filippone



Palerme, première prise au Cantieri pour la mini-série Rai sur Letizia Battaglia



Letizia Battaglia a vécu longtemps, pas assez longtemps pour voir la série télévisée que Roberto Andò lui a dédiée et qui sur Rai la verra apparaître aux Cantieri della Zisa dans un raid du vrai protagoniste.

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par Eleonora Lombardo



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