Cinema

le film avec Sandra Bullock se glisse dans une parodie de lui-même

Présenté à la critique internationale lors du South By Southwest Film Festival en mars dernier, The Lost City est la nouvelle œuvre des frères Nee (Aaron et Adam), avec la collaboration d’Oren Uziel et Dana Fox au scénario. Le film s’appuie sur un casting stellaire de Sandra Bullock, Channing Tatum, Brad Pitt et Daniel Radcliffe pour créer une comédie exagérée à la recherche d’une caricature de ce volet de film d’action-aventure à la “Dwayne Johnson” (qui fait partie des producteurs) tels que Jumanji, Jungle Cruise, Red Notice ou Journey to the Mysterious Island. Faire une sorte de parodie de films qui sont déjà une caricature en eux-mêmes (d’Indiana Jones surtout) s’avère cependant un choix risqué.

The Lost City, l’intrigue du film

Veuve d’un archéologue avec qui elle partageait une passion pour le même sujet, Loretta Sage (Sandra Bullock) s’est lancée dans une brillante carrière d’auteure de romans d’aventure, remplis d’histoires d’amour épicées et se déroulant dans des lieux exotiques mystérieux. . Lors de la présentation de son dernier roman “La cité perdue de D”, Loretta se querelle avec Alan (Channing Tatum), le beau mannequin qui incarne Dash, le héros de ses romans, posant pour les couvertures et dépeuplant chez les filles et les femmes de tout âge . L’écrivain quitte et abandonne l’interview, mais à la sortie, elle est kidnappée par les hommes de main d’Abigail Fairfax (Daniel Radcliffe).
Le milliardaire excentrique est un amoureux des trésors perdus et est convaincu que Loretta – avec sa connaissance des peuples anciens qui se dégage de ses romans – peut le conduire à la légendaire “Crown of Fire”, conservée sur l’île de la cité perdue qu’il a lui-même a acheté. Secrètement amoureux de Loretta, Alan décide de partir pour l’île ; il se tourne vers Jack Trainer ( Brad Pitt ), un ancien agent de la CIA et de la marine, qui met le feu au camp de base de Fairfax, mais est tué peu de temps après. Ce sera alors à Alan, beau mais maladroit, de prouver qu’il peut être un héros même dans la vraie vie et sauver Loretta. Le couple devra traverser toute la jungle de l’île, constamment poursuivi par les hommes de Fairfax, et demander de l’aide, mais en chemin, ils trouveront également d’importants indices sur l’ancien trésor.

C’est la remorque

Un film cassé en deux (en trois, en quatre)

Ce qui fonctionne dans The Lost City attire immédiatement l’attention et est le casting stellaire. Sandra Bullock est à l’aise dans un rôle aussi “léger”, Channing Tatum suit la parodie du mâle alpha, Brad Pitt la pousse comiquement à l’excès et, surtout, Daniel Radcliffe relève la barre en incarnant un méchant britannique qui regrette de voir sur l’écran pendant si peu de temps.

Ce qui ne fonctionne pas dans le film en revanche, c’est sa « fragmentation » en plusieurs parties et son auto-ironie poussée à l’excès. En fait, quatre The Lost City semblent coexister : celui du premier volet, aux rythmes rapides et aux blagues continues, et le film du second volet, qui au contraire oublie son caractère caricatural et se perd dans l’action comme une fin en soi plutôt que trouver un trésor. Ensuite, il y a un “troisième” The Lost City, avec l’histoire parallèle de l’agent de Loretta, Beth (Da’Vine Joy Randolph), qui se lance dans un voyage de fortune pour retrouver son client bien-aimé sur l’île. Cette histoire est non seulement complètement déconnectée de l’arc narratif principal – et elle semble juste vouloir “soigner” la réduction de la ligne comique de la seconde partie du film – mais elle repose sur un personnage stéréotypé. Le quatrième The Lost City est plutôt celui de l’illusion, celui de la bande-annonce un peu trompeuse : pour Brad Pitt, présent à diverses secondes de la promo, il s’agit en fait plus qu’autre chose d’une interprétation proche du caméo.

The Lost City part donc du postulat de vous faire vivre une heure et demie de légèreté, peut-être avec quelques éclats de rire, se présentant comme une caricature des classiques récents des films d’action-aventure, pourtant déjà, quant à eux, sous la bannière de ‘ excès. Si le pari de ce choix peut être occulté dès la première partie du film, dans la seconde partie il ressort pleinement, et n’est certes pas sauvé par une auto-ironie de la bonne époque comique mais du contenu moyen-bas pour dire un terrain.

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