Cinema

Deux films sur l’humanité qui résistent aux propositions intéressantes au cinéma

“Lunana – Le village du bout du monde” a été nominé pour un Oscar “Entre deux mondes” est le voyage d’enquête avec une Juliette Binoche hors du commun

Ce sera un week-end de Pâques au nom du grand cinéma que, de ce soir à lundi, il sera possible de vivre au Cinéma Teatro Arlecchino où seront projetés deux grands films en première diffusion : “Lunana – Le village au bout de le monde” de Pawo Choyning Dorji (prévu ce soir à 21h) et “Entre deux mondes” d’Emmanuel Carrère (demain, dimanche et lundi, toujours à 21h. Mais c’est aussi programmé à la Politeama di Pavia). Les deux films parlent de « mondes » différents, entendus à la fois comme des lieux géographiquement éloignés et comme des réalités opposées à ce que nous vivons au quotidien.

LUNANA

Sélectionné dans la prestigieuse finale des cinq meilleurs films internationaux lors de la récente 94e Nuit des Oscars, où il représentait le Bhoutan, “Lunana” est la splendide œuvre écrite et réalisée en 2019 par Pawo Choyning Dorji qui a tourné le village homonyme – glaciaire, le long de la Himalaya, à la frontière entre le Buthan et le Tibet – où se trouve l’école la plus reculée du monde. Pour ceux qui n’y vivent pas, Lunana n’est accessible que par un voyage exténuant de huit jours très loin de la route la plus proche et totalement dépourvu d’installations modernes en cours de route. “Lunana” (qui signifie littéralement “la vallée sombre”) est un endroit si lointain que la lumière ne l’atteint même pas. Et le village est tellement isolé qu’aujourd’hui encore il n’y a pas d’électricité ni de connexion au réseau cellulaire (et la production du film dépendait totalement de batteries solaires). Bien qu’isolée du monde, Pawo Choyning Dorji a voulu axer l’histoire sur la recherche du bonheur et le sentiment d’appartenance : “Je voulais montrer que même si dans un monde si lointain – dit le réalisateur – les espoirs et les rêves qui relient le l’humanité sont les mêmes ».

ENTRE DEUX MONDES

D’après le roman-enquête “Le Quai de Ouistreham” (2010) de la journaliste Florence Aubenas (publié en Italie chez Piemme sous le titre “La boîte rouge”), avec “Entre deux mondes” Emmanuel Carrère revient à la réalisation avec un regard pénétrant regard sur la société d’aujourd’hui, proposant une réflexion (non anodine) sur le rapport entre l’art et la vie, la réalité et la fiction. Une Juliette Binoche extraordinaire – qui est immédiatement tombée amoureuse de ce projet et a dirigé un casting d’actrices non professionnelles sur le plateau – joue le rôle de la protagoniste Marianne, une écrivaine établie qui, pour préparer un livre sur le travail précaire, fait un changement radical choix : sans dévoiler son identité, elle se rend à l’agence pour l’emploi et se fait embaucher comme femme de ménage sur le ferry qui traverse la Manche. En cachant sa véritable identité, il touchera les rythmes exténuants et les humiliations auxquels sont confrontés ceux qui sont contraints à cette vie. Des femmes pourtant unies par une solidarité inébranlable. Marianne, cependant, devra tôt ou tard retirer son masque. –

james aricò

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